À la Une

Romanian Rhapsody par Izabella Horvath

Izabella Horvath
crédit photo : @Eric Dumas
Izabella Horvath, artiste connue dans le monde entier, donnera un concert le dimanche 24 mars à 17h00 dans le cadre de la Saison France-Roumanie, à l’invitation de l’association d’échange culturel ADOR (Association Douce Occitanie Roumanie) à Toulouse.
Née en Roumanie, pianiste diplômée de l’académie Franz Liszt de Budapest en Hongrie, elle enseigne actuellement au conservatoire de Toulouse et Blagnac.
Au programme de cet événement, Izabella interprétera des œuvres de Bach, Mozart, Beethoven et également des artistes roumains comme le titre de ce concert l’indique Romanian Rhapsody pour un grand moment de musique.
ADOR : Bonjour Izabella, nous sommes très honorés que vous ayez accepté notre invitation pour vous produire en concert à l’occasion de la Saison France-Roumanie. Quel est votre lien avec la Roumanie ?
Izabella : Je suis née en Roumanie, plus exactement à Cluj, j’ai suivi une grande partie de mes études dans ma ville natale au Lycée de Musique et au Conservatoire G. Dima. Et j’y ai vécu jusqu’à l’âge de 23 ans. Plus tard je suis retournée régulièrement pour voir ma famille, mes amis ou pour des raisons professionnelles.
ADOR : Qu’est-ce que vous aimez sur ce pays et qu’est-ce que vous n’aimez pas trop ? 

Izabella : J’adore la nature en Transylvanie, je me souviendrai toute ma vie des randonnées de mon enfance en montagne ou en forêt avec mon grand-père: la forêt enneigée en hiver, près de Cluj, les paysages superbes dans les montagnes de Retezat, les vacances d’été à la campagne en Maramures. J’aime la gastronomie de ce pays, incluant des plats et des vins. Les mauvais souvenirs sont plus liés à l’époque de Ceausescu….

ADOR : De quelle manière gardez-vous le contact avec ce pays (la Roumanie) ?

Izabella : J’y suis retournée fréquemment pour voir mes amis, pour jouer des concerts (à la Philharmonique de Sibiu, à Cluj, etc), et un des mes prochains concerts à Toulouse sera joué (entre autres) avec un ami clarinettiste (ancien copain de classe et de conservatoire) qui vie et travaille toujours à Cluj. J’ai fait découvrir ce pays à des amis aussi pendant nos vacances.

ADOR : Vous êtes une musicienne de renommée mondiale, pourquoi avez-vous choisi de vous installer en Occitanie, à Toulouse plus exactement ?

Izabella : Je suis arrivée en France grâce à une bourse d’étude et j’ai pu poursuivre mes études à Paris à l’Ecole Normale pendant plusieurs années. Pour des raisons professionnelles je me suis installée à Toulouse et aujourd’hui je m’y sens très bien, mon compagnon étant Toulousain.

ADOR : Actuellement professeur au conservatoire de Blagnac, enseignez-vous aux étudiants George Enesco, C. Porumbesco ou bien d’autres compositeurs et musiciens d’origine roumaine ?
Izabella : Les compositeurs roumains font partie de notre éventail pédagogique musical au conservatoire, pas uniquement Enesco, mais des compositeurs contemporains moins connus, comme Dan Voiculescu, Constantin Silvestri, Constantin Râpà, etc.
Un public fort d’une centaine de personnes pourra apprécier et partager un moment agréable en compagnie d’Izabella le dimanche 24 mars à la Maison de la Citoyennété Est (Métro Roseraie). L’entrée est libre dans la limite des place disponibles, confirmation à l’avance recommandée à l’adresse associationador@gmail.com ou sur la page Facebook @associationador
@Oana Raileanu Gouëdreau, ADOR

Quand une Roumaine va voir un concert de Nadau…

Qu’est-ce qu’ils peuvent avoir en commun une Roumaine et Nadau, ce groupe de musique occitane? Au 1er regard, presque rien, mais au fur et à mesure on découvre des choses…

Le week-end dernier, pour la Journée Universelle de l’Ia, je suis allée au Théâtre Quintaou d’Anglet pour assister au concert de Nadau. Mon 1er concert de Nadau. Je me souviens avoir écouté 1 ou 2 fois il y a 3-4 ans, mais sans plus (j’imagine que ce n’était pas le bon moment). Pour le concert j’y suis allée en famille – moi, la Roumaine, et une famille béarnaise (de 12 ans à 65 ans). Et ça m’a fait plaisir de voir dans la salle pleine des familles entières, plusieurs générations à porter des bérets.

Avec un drapeau de l’Occitanie ancré derrière la scène, Adixkideak, un chœur de 25 hommes du Pays Basque, a donné le star du concert vers 20h30.
Et après, Nadau, avec  le beau son d’accordéon… 

J’ai adoré et je vais vous dire pourquoi – ça m’a hérissé le poil. J’ai adoré l’ambiance, les gens autour (et pas si jeunes) qui chantaient leurs chansons, il y avait une chaleur humaine contagieuse, vibrante. Le chanteur, cet ex-prof de math (si j’ai bien compris) il donne des frissons… J’aurais aimé qu’il soit mon grand-père pour son don d’orateur, la beauté de ce qu’il racontait dans ses histoires, ses anecdotes, qui te parle d’amour, de la vieillesse, de la jeunesse, les fêtes de Dax, le saumon qui naît dans le gave un mois de février, les Pyrénées, les ours slovaques déracinés dans les Pyrénées, les origines et les villages béarnais, gascons, occitans, les bergers qui te font rire et pleurer à la fois, tout avec du l’humour. Toutes les choses de la vie qui te donnent de l’espoir. Toutes ces histoires de ce grand Monsieur m’ont aidée, à comprendre ce que les paroles de ses chansons veulent dire et pourquoi ce groupe est aimé tellement depuis 43 ans.

Et les instruments… la musique qui sort de tous ces instruments pas si commun pour moi-la vielle, la fifre, la bodega, sans oublier l’accordéon diatonique, la cornemuse, la guitare électrique, le banjo etc. Parfois, j’avais l’impression que je suis venue pour un concert de musique celtique… Superbe musique ! Au final, l’émotion que tu reçois, que tu vis en écoutant ces chansons (même si tu ne comprends pas grande-chose, comme moi) font que ce groupe est magnifique !

Et je pensais à nos ours roumains, à notre enfance, aux tours en vélo pour raconter la vie, à nos Carpates, à nos bergers… Finalement, le message est simple, universel, c’est une poésie de la vie… avec quelques retouches par ici et par la…

En Roumanie on n’a pas Nadau mais on a Tudor Gheorghe qui sait aussi, avec beaucoup de tendresse, chanter la tristesse, la révolte, la joie de vivre, qui nous fait éclater de rire et tirer des larmes.

Cette 1er rencontre avec Nadau a été juste le début d’une longue série, j’en suis sure !

Merci pour les deux heures de bonheur et d’émotion pure !

@Nicoleta