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Entrez dans la danse ! célèbre les folklores en mouvement

Intriguée par l’affiche représentant le rituel de la Chèvre, une tradition ancienne en Roumanie, je suis allée voir l’exposition « Entrez dans la danse ! » à la médiathèque du Grand M. (Toulouse). Après avoir traversé un parc désert entouré de barres d’immeubles un peu tristes, je suis entrée dans un monde surprenant : celui d’un espace de calme et de lecture qui célèbre le mouvement et la danse.

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Affiche représentant le rituel de la Chèvre en Roumanie

Le personnel a fait le choix de la diversité en exposant différentes œuvres de la réserve du musée des Abattoirs : photographie, dessin, sculpture, tapisserie, autant de supports et de visions pour parler d’un art qui unit tous les âges et toutes les cultures : la Danse, cette « force de la douceur », écrivait la danseuse et chorégraphe Isadora Duncan, citée dans l’exposition et photographiée ci- dessous.

En entrant dans la médiathèque, j’ai d’abord cherché la photographie qui avait servi d’affiche à l’événement, « Capra din Mălini ».

Elle est issue de la série « Wilder Mann », « l’homme sauvage » en allemand, du photographe Charles Fréger qui a immortalisé les costumes populaires d’une cinquantaine de communautés dans dix-huit pays d’Europe, ses œuvres ayant toutes en commun des traditions liées à la nature et des cérémonies où les humains se transforment en animaux, voire en créatures nées du folklore local. C’est le cas du rituel de la Chèvre, ici photographié dans la commune de Mălini, en Moldavie roumaine.

Les modèles portent un costume coloré et le masque de la chèvre qui, au cours d’une danse accompagnée de musique, est appelée à bondir, mourir, puis renaître. Les portraits de cette série ont tous été pris dans un cadre naturel vide de tout indice d’une présence humaine, comme si l’artiste avait voulu gommer l’origine géographique des rituels pour souligner leur capacité à rassembler. Car la danse est bien une fête qui rassemble, dans les communautés reculées mais aussi au-delà des frontières, autour de thèmes universels comme la renaissance ou la fertilité.

L’exposition fait également le lien avec notre belle ville rose. Au fond de la salle de lecture rayonne l’immense tapisserie intitulée « La Danse » de Marc Saint-Saëns.

Elle fait partie d’une commande de quatre tapisseries pour le théâtre du Capitole, en 1950 : La Musique, La Comédie et la Tragédie, Le Chant, et La Danse. Une commande qui encourage la convergence des arts, car au final, l’art est tourné avant tout vers l’émotion, et quoi de plus universel que le frisson devant la beauté ?

Jusqu’au 29 mars, Entrez dans la danse !

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Romanian Rhapsody par Izabella Horvath

Izabella Horvath
crédit photo : @Eric Dumas
Izabella Horvath, artiste connue dans le monde entier, donnera un concert le dimanche 24 mars à 17h00 dans le cadre de la Saison France-Roumanie, à l’invitation de l’association d’échange culturel ADOR (Association Douce Occitanie Roumanie) à Toulouse.
Née en Roumanie, pianiste diplômée de l’académie Franz Liszt de Budapest en Hongrie, elle enseigne actuellement au conservatoire de Toulouse et Blagnac.
Au programme de cet événement, Izabella interprétera des œuvres de Bach, Mozart, Beethoven et également des artistes roumains comme le titre de ce concert l’indique Romanian Rhapsody pour un grand moment de musique.
ADOR : Bonjour Izabella, nous sommes très honorés que vous ayez accepté notre invitation pour vous produire en concert à l’occasion de la Saison France-Roumanie. Quel est votre lien avec la Roumanie ?
Izabella : Je suis née en Roumanie, plus exactement à Cluj, j’ai suivi une grande partie de mes études dans ma ville natale au Lycée de Musique et au Conservatoire G. Dima. Et j’y ai vécu jusqu’à l’âge de 23 ans. Plus tard je suis retournée régulièrement pour voir ma famille, mes amis ou pour des raisons professionnelles.
ADOR : Qu’est-ce que vous aimez sur ce pays et qu’est-ce que vous n’aimez pas trop ? 

Izabella : J’adore la nature en Transylvanie, je me souviendrai toute ma vie des randonnées de mon enfance en montagne ou en forêt avec mon grand-père: la forêt enneigée en hiver, près de Cluj, les paysages superbes dans les montagnes de Retezat, les vacances d’été à la campagne en Maramures. J’aime la gastronomie de ce pays, incluant des plats et des vins. Les mauvais souvenirs sont plus liés à l’époque de Ceausescu….

ADOR : De quelle manière gardez-vous le contact avec ce pays (la Roumanie) ?

Izabella : J’y suis retournée fréquemment pour voir mes amis, pour jouer des concerts (à la Philharmonique de Sibiu, à Cluj, etc), et un des mes prochains concerts à Toulouse sera joué (entre autres) avec un ami clarinettiste (ancien copain de classe et de conservatoire) qui vie et travaille toujours à Cluj. J’ai fait découvrir ce pays à des amis aussi pendant nos vacances.

ADOR : Vous êtes une musicienne de renommée mondiale, pourquoi avez-vous choisi de vous installer en Occitanie, à Toulouse plus exactement ?

Izabella : Je suis arrivée en France grâce à une bourse d’étude et j’ai pu poursuivre mes études à Paris à l’Ecole Normale pendant plusieurs années. Pour des raisons professionnelles je me suis installée à Toulouse et aujourd’hui je m’y sens très bien, mon compagnon étant Toulousain.

ADOR : Actuellement professeur au conservatoire de Blagnac, enseignez-vous aux étudiants George Enesco, C. Porumbesco ou bien d’autres compositeurs et musiciens d’origine roumaine ?
Izabella : Les compositeurs roumains font partie de notre éventail pédagogique musical au conservatoire, pas uniquement Enesco, mais des compositeurs contemporains moins connus, comme Dan Voiculescu, Constantin Silvestri, Constantin Râpà, etc.
Un public fort d’une centaine de personnes pourra apprécier et partager un moment agréable en compagnie d’Izabella le dimanche 24 mars à la Maison de la Citoyennété Est (Métro Roseraie). L’entrée est libre dans la limite des place disponibles, confirmation à l’avance recommandée à l’adresse associationador@gmail.com ou sur la page Facebook @associationador
@Oana Raileanu Gouëdreau, ADOR