À la Une

Concours La Fête de l’Enfant

A l’occasion de la Fête de l’Enfant qui approche bientôt, ADOR organise un concours de dessin sur la Roumanie, ouvert à tous les enfants jusqu’à l’âge de 13 ans, de toute nationalité. Les dessins les plus jolis et originaux seront bien entendu récompensés.

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Conditions de participation : le thème du dessin doit être en lien avec la Roumanie.
Afin d’aider vos enfants dans leur choix, demandez-leur à quoi ils pensent quand ils entendent le nom de ce pays, la Roumanie. Le concours est ouvert douze jours, plus exactement à partir de vendredi 18 mai au mercredi 30 mai (inclus).

Les gagnants seront annoncés via notre page Facebook le 1er juin.
Nous attendons donc les dessins de vos enfants en format numérique à l’adresse associationador@gmail.com ou à l’adresse postale de l’association ADOR au : 60 rue Pierre Cazeneuve, 31200. Merci d’indiquer sur le dessin le prénom et l’âge de votre enfant. Bonne chance à tous et n’hésitez pas à partager ce message autour de vous.

 

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Boîte à idée Saison France – Roumanie

 

Notre association culturelle ADOR a la possibilité de représenter la Roumanie à Toulouse, en Occitanie, dans le cadre de la Saison France-Roumanie à travers une manifestation / action culturelle. Nous faisons donc appel à vos idées de projets culturels en ouvrant une boîte à idée virtuelle. N’hésitez pas à nous contacter via notre page FB ou par email : associationador@gmail.com. Ensemble, nous pouvons faire bouger les choses.

!! La Saison France-Roumanie 2018-2019 signifie :
* la Présidence roumaine du Conseil de l’Union européenne ( 1/01/2019)
* les célébrations des centenaires de la création de la Roumanie moderne (1/12/2018)
* la fin de la 1ère Guerre mondiale (1918)
Merci pour votre implication. L’équipe ADOR.

Patrick McGuinness : « La Roumanie m’a hanté pendant une vingtaine d’années »

ADOR a eu le grand plaisir d’échanger avec l’écrivain et poète britannique Patrick McGuinness. Professeur de littérature française comparée à l’Université d’Oxford, il a vécu 18 mois en Roumanie dans sa jeunesse lorsque son père travaillait au British Council à Bucarest.

Plus de vingt ans après ce séjour des plus marquants, il s’est lancé dans l’écriture d’un roman, « Les cent derniers jours » (traduit en français en 2013) qui retrace magistralement les derniers mois de la dictature roumaine avant la chute des Ceausescu.

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ADOR : Sachant que vous n’êtes jamais revenu en Roumanie depuis votre départ avec votre famille en 1988, pourquoi avez-vous décidé d’écrire ce roman après tant d’années ?
PM : J’étais hanté par Bucarest et plus généralement par la Roumanie. Pendant une vingtaine d’années, un rêve récurrent sur le Bucarest que je connaissais m’a poursuivi : j’essayais d’y retrouver mon chemin en vain car les bâtiments qui m’étaient familiers avaient été détruits. Les édifices, les odeurs, les bruits me hantaient. Je ne peux pas dire que j’étais heureux là-bas, c’est trop réducteur, mais j’étais épanoui et cette expérience m’a rendu plus adulte, parfois trop mature : imaginez arriver à Cambridge, au beau milieu de jeunes étudiants, enjoués et aisés, après 16 mois ininterrompus passés dans la Roumanie de Ceausescu ?

ADOR : Qu’est ce que vous avez ressenti au moment de la révolution en ‘89 ?
PM : Quand la révolution est arrivée, je l’ai suivie à la télévision et je me suis senti trompé : j’y avais passé toutes ces années et mois, tout ça pour manquer le dénouement. Si j’avais été sur place au moment de la révolution, je n’aurais probablement pas écrit ce livre. Les livres proviennent des échecs de la réalité, les échecs de soi, de ne pas être au bon endroit au bon moment. C’est le cas de mes livres en tout cas. J’ai donc conservé les lieux dans ma tête pendant des années. Je savais que si j’écrivais un roman un jour, la première histoire serait celle-ci.

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La révolution roumaine de ’89

ADOR : Finalement, vous avez décidé de retourner en Roumanie ?
PM : Je n’y suis jamais retourné car je ne voulais pas perdre la place spéciale qu’occupait «mon» Bucarest dans mon esprit. A la place, je me suis documenté et ai consulté d’anciennes photos, mais c’est surtout la ville de mes souvenirs que je voulais préserver. Et j’avais raison: lorsque j’y suis revenu pour la première fois en 2014, c’était si différent que certains souvenirs, bâtiments, architecture, étaient en réalité erronés. Mais ce décalage avait été nécessaire pour l’histoire de ce livre, son atmosphère, et surtout pour la continuité de mon immersion dans l’écriture. Une chance d’avoir gardé mes distances finalement…

ADOR : Votre roman est-il proche de votre propre expérience à Bucarest ? Si oui, comment avez-vous pu conserver autant de détails jusqu’à l’écriture de votre livre  (20 ans après) ?
PM : 
Oui et non. L’ennui et la misère, la grisaille et la tristesse sont tous autobiographiques. J’ai fait appel à mon imagination pour raconter les histoires de sexe glamour et des politiques tordues. Mais la plupart des situations décrites dans le livre sont authentiques.

J’ai séjourné en Roumanie de 1985 à Octobre 1987, avec une période ininterrompue d’environ 16 mois entre juin 86 et octobre 87, lorsque je suis parti pour suivre mes études universitaires en Angleterre. A l’époque, j’avais mon propre appartement, ou plutôt je cohabitais dans l’appartement d’une autre personne, et je travaillais comme professeur d’anglais en freelance pour la communauté internationale et diplomatique. Mais j’avais la chance de connaître aussi plusieurs étudiants roumains et de passer du temps avec eux; donc oui, certaines de mes descriptions dans le livres sont inspirées de la réalité.

ADOR : Quelle était votre image sur les roumains de l’époque ?
PM : 
Inutile de préciser que le peuple roumain et leur culture me fascinaient, j’adorais leur nourriture et leur vin également. J’étais aussi frustré par l’immobilisme ambiant de la situation, par le fait que les roumains ne montraient jamais leur volonté de se battre et de lutter, contrairement aux tchécoslovaques et polonais. A l’époque, c’était une question que beaucoup d’étrangers se posaient.

ADOR : Avez-vous l’intention d’écrire un autre livre sur la Roumanie ?
PM :
Je ne pense pas. J’anime actuellement une émission à la radio sur Brâncusi, et la tentation est toujours grande de penser à la suite des «Cent Derniers Jours», mais je ne crois pas que j’irai jusqu’au bout.

@ David Gouëdreau, ADOR

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Le livre «Les Cent Derniers Jours» a été traduit en plusieurs langues, et est disponible notamment en roumain chez l’édition Polirom. La version en français est également disponible à la Médiathèque José Cabanis à Toulouse (proche Gare Matabiau).  

Mircea Postelnicu, l’étoile filante d’Ana, mon amour

« Ana, mon amour » a été à l’affiche au cinéma American Cosmograph à Toulouse début juillet. Réalisé par Calin Peter Netzer, repéré il y a quatre ans pour son resplendissant « Mère et fils » qui lui a valu l’Ours d’Or à Berlin, cette nouvelle production a été très appréciée par la presse étrangère.

A Berlin, « Ana, mon amour » a été récompensé par l’Ours d’Argent. La critique française a été également séduite par le sujet de ce film et ses acteurs. Le journal « Le Canard Enchaîné » parle d’une “anatomie sentimentale au scalpel” et la revue Marie-Claire décrit l’acteur principal comme un artiste « fabuleux, capable d’un abandon total ».

Mais qui est ce jeune acteur à l’air mystérieux, quasi inconnu du grand public et qui a réussi brillamment son pari avec le monde du cinéma ? ADOR a eu le plaisir de discuter avec Mircea Postelnicu (MP), l’acteur principal d’ “Ana, mon amour”.

ADOR : Mircea, comment vois-tu ce succès fulgurant ?
MP : Je remercie du fond du coeur tous ceux qui sont allés voir le film et qui nous ont soutenus. Je suis très heureux bien évidemment que le film a été apprécié tant en Roumanie, qu’à l’étranger.

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ADOR : Quelle est ta scène préférée d’« Ana, mon amour » ? 
MP : J’en ai plusieurs, cela dépend du contexte. Pendant le tournage, j’ai aimé les scènes sur le divan du psychanalyste, en raison de l’empathie que j’ai pour Toma (n.r. le personnage interprété par MP). Celui-ci essaie de comprendre sans cesse ce qui se passe dans sa vie. Quand j’ai vu pour la première fois le film, j’ai adoré la dernière séquence où je retrouvais une impatience joyeuse face à la peur de la guérison.

 

ADOR : S’agissant de ta première apparition au cinéma, qu’est-ce que cela a changé pour toi ? 
MP : C’est surtout ce cheminement qui a changé ma vie, autant sur le plan personnel que professionnel. Dans le cadre de ce film, j’ai eu la chance de suivre la même route que mon personnage Toma, grâce à l’introspection, aux découvertes, aux discussions. La rencontre avec Calin, le scénario, les discussions, les séances de thérapie, toutes ces expériences ont contribué à un changement intérieur net.

ADOR : A part le théâtre et le cinéma, quelles sont tes autres centres d’intérêts ou qu’est-ce que tu aimes faire tout simplement ?
MP : J’aime beaucoup travailler avec les gens. Chaque fois que j’ai l’occasion, j’aime m’investir que se soit pour un atelier, un festival pour les jeunes, des formations ou des team buildings pour des entreprises.

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Le réalisateur Calin Netzer et l’acteur principal, Mircea Postelnicu, sur le tapis rouge pour « Ana, mon amour », à Berlin International Film Festival.

ADOR : As-tu un message pour ceux qui hésitent encore à aller voir « Ana, mon amour  » au cinéma ?
MP : Je les invite à aller voir un acteur « fabuleux, capable d’un abandon total » – je plaisante 🙂 Plus sérieusement, c’est un film pour ceux qui souhaitent découvrir une invitation à ressentir, à réfléchir et à se chercher,  et non pas un film commercial.

ADOR : Tu aimerais vivre ailleurs qu’en Roumanie ? 
MP : J’aime mon pays, sa langue et tout ce qui tient de ma nationalité car tous ces ingrédients m’ont formé et font partie de moi. Mais je continuerai à sentir toujours cela, même si je choisissais de partir ailleurs un jour. Parfois, je pense goûter l’aventure à l’étranger, mais je n’ai pas eu de proposition concrète jusqu’à présent.

@ Oana Raileanu Gouëdreau